Partie 2-
Le suivi par satellite

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Contexte
scientifique
Les manchots empereurs mâles et femelles arrivent fin mars/début
avril sur leur site de reproduction, puis se mettent en couple et
restent ensemble jusqu'à la ponte de leur unique oeuf (voir
cycle annuel). Eloignés de la mer libre, seule source de
nourriture, par une grande étendue de banquise, les manchots
empereurs sont alors contraints de jeûner sur leur site de reproduction.
Au total, le mâle jeûnera pendant 4 mois en continu (puisqu'il
lui incombera l'incubation de l'oeuf), tandis que la femelle jeûnera
2 mois avant de retourner en mer juste après la ponte.
En effet, au coeur de l'hiver austral, la banquise empêche
un accès rapide à la mer libre, où les manchots
pêchent leur nourriture. Les longs déplacements
des femelles après la ponte, marchant sur la banquise
en quête d'un accès à l'océan, ont donc
été suivis par satellite, afin de connaître l'orientation
et les zones choisies par les femelles pour aller se nourrir. Parallèlement,
les mâles ont été étudiés
dans la colonie, afin de déterminer avec précision
leurs adaptations au froid pendant la période d'incubation
qu'ils assurent sans leur femelle pendant plusieurs semaines.
Matériel
et méthodes
Après sa formation dans la colonie située à proximité
de la base scientifique française Dumont D'Urville en Terre Adélie,
un couple de manchots empereurs a été
capturé et équipé denregistreurs de
données le 24 avril 2001.
Sur les plumes du dos et du ventre du mâle
ont été fixés des enregistreurs de température.
Un autre appareil a été implanté sous la
peau afin denregistrer ses températures internes
(sous-cutanée et profonde).
La femelle a été
équipée dune balise Argos pour suivre ses
déplacements par satellite, collée elle aussi solidement
sur son épais plumage.
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Résultats
et analyses
Le 21 mai, dans les heures suivant la ponte,
la femelle confiait son uf au mâle et partait chasser
en mer, alors que le mâle restait sur
la colonie pour couver luf.
Le mâle
: Le 20 juin, le mâle, qui a perdu son oeuf le 14 juin,
se trouve toujours sur la manchotière (ou colonie). Le
soleil apparaît une ou deux heures au-dessus de lhorizon.
La température ambiante varie de -12,1°C à -15,4°C.

De 01h54 à 04h10 (Temps Universel), le
mâle est observé au repos au centre dune tortue,
groupement très dense de 8 à 10 manchots par m².
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Grâce au matériel posé sur le mâle,
on constate que durant cette période passée en
tortue, la température interne du
mâle diminue. Ce comportement
social en tortue est ainsi un moyen déconomiser de
lénergie, car en réduisant sa température,
lanimal diminue ses dépenses énergétiques.
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La femelle : Equipée
dune balise Argos qui émet régulièrement
des données vers des satellites, la femelle peut être localisée
sur la glace et ses coordonnées retransmises aux chercheurs quasiment
en direct. Ainsi, le 20 juin, la femelle se situe par 66,15° Sud
et 141,88° Est, soit à environ 100 km de la colonie. Elle
a parcouru en 1 mois près de 350 km (points verts).

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Le trait rouge représente
la côte. Les points verts et les traits verts
et blancs correspondent au trajet des
femelles suivies par satellite. |
| Les couleurs du fond symbolisent une
échelle de températures au sol : violet/bleu
: banquise épaisse - kaki/jaune
: zone de pack dense - orange : polynie
(mer libre) |
En superposant ces localisations
(et celles de 3 autres femelles) à une carte
des glaces de la même période, on constate que les
femelles ont suivi à peu près le même itinéraire
vers lEst, depuis la manchotière jusquà une
polynie (zone de mer libre ancrée dans la banquise). Elles ont
ensuite toutes les 4 longé le bord de la banquise vers le Nord,
pêchant en zone de pack dense grâce
aux accès à leau libre entre les plaques de glace.
Retrouvailles : Mi-juillet,
après 3 mois de jeûne, le mâle avait perdu 10 kg
et ne pesait plus que 26,5 kg. A son retour sur la colonie le 29 juillet,
la femelle pesait 30 kg, ayant reconstitué ses réserves
graisseuses en mer.
Ils se sont retrouvés en se reconnaissant
au chant en 6 minutes, après une séparation de
71 jours. Le mâle est alors parti à son tour se nourrir
en mer.



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