Partie 2-
Le suivi par satellite

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Contexte
de l'étude par suivi satellite
--> Evolution
de la population mondiale
Comme la totalité des tortues marines, la
Tortue Luth est l'objet d'une protection au niveau mondial (inscrite
sur la liste rouge des espèces en danger de l'UICN), suite à
une exploitation massive durant les derniers siècles, principalement
pour ses ufs et l'huile que l'on tirait de sa graisse. Que l'impact
soit direct (massacre d'adultes, prélèvement ufs)
ou indirect (filets de pêche, pollutions, urbanisation des plages),
il met en danger l'espèce dans son ensemble. Ainsi, même
si peu de données précises sont actuellement disponible,
on peut estimer que la population mondiale de tortues luths est passée
de 115000 individus en 1980 à moins de 30000 femelles en 1996.
En Guyane, où se regroupe la plus importante population mondiale
de tortues luths, un comptage sur les plages a montré que le
nombre de pontes est passé de 50000 en 1992 à moins de
10000 en 2000.

--> But
de l'étude
Classée espèce en danger depuis de nombreuses années,
la Tortue Luth est pourtant encore souvent tuée accidentellement
dans les filets de pêche. Le recoupement des zones de pêche
actuellement connues avec les routes migratoires des tortues luths pourrait
permettre à terme de participer à la conservation de cette
espèce. En effet, la mise en place d'une
réglementation précise des pêches dans des zones
sensibles pourrait éviter les comportements les plus dangereux
pour cette espèce.
--> Dans le but d'établir avec précision
les zones de déplacements des tortues luths en mer, en
migration ou en période de reproduction, le CEPE-CNRS a
entrepris en collaboration avec le Hubbs-Sea World Research Institute
de San Diego le suivi des trajets de plusieurs
femelles venues pondre sur la plage de Yalimapo, en Guyane
française, au moyen d'émetteurs pouvant être
localisés à très longue distance (balises
Argos). La DIREN de Guyane est l'un des partenaires
majeurs de cette étude depuis 1999 (financement de plus
de 10 balises), réalisée avec le soutien du WWF,
du CNES,
de CLS-ARGOS,
de la Réserve Naturelle de l'Amana, et l'aide des associations
amérindiennes locales.
-->En 2001 et 2002, le CNES et le WWF ont financé
plusieurs balises qui vous permettent de suivre sur notre site
les déplacements des tortues dans l'océan atlantique
(voir paragraphe "résultats"
ci-dessous).
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Matériel
et méthodes 
--> Compte tenu du coût élevé
d'une telle technique (matériel et obtention des localisations),
seules quelques tortues ont été munies d'une balise. Le
suivi de ces tortues est effectué depuis 1999 sous la responsabilité
de Sandra Ferraroli du CEPE.
--> Les
balises Argos utilisées dans cette étude
mesurent 180x55x40 mm, et leur fonctionnement dépend d'un
système électronique qui émet un signal radio,
à un intervalle de temps programmé à l'avance,
grâce à une pile intégrée qui fournit
l'énergie nécessaire (photo 4). Plusieurs satellites
en orbite autour de la terre captent ces signaux, et parviennent
à localiser la balise quelle que soit sa position à
la surface de la terre. Les satellites renvoient alors ces informations
à un site relais situé à Toulouse, qui traduit
les résultats en coordonnées intelligibles. Par
connexion informatique, les chercheurs ont ensuite accès
aux données de localisation des balises, presque en temps
réel.
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La durée du suivi
d'une tortue est conditionnée par l'autonomie de la batterie,
qui dans cette étude a été prévue de 14
mois maximum, c'est à dire qu'elle doit permettre de suivre les
tortues pendant une longue période de leur trajet migratoire
après reproduction.
--> La précision du trajet
obtenu dépend principalement de la qualité et du nombre
des localisations, ce qui est variable en fonction de différents
facteurs pour la plupart dépendant du comportement même
des tortues. Cependant, même avec une précision moyenne,
les trajets migratoires sont tout à fait interprétables,
car les tortues effectuent de très long trajets qui relativisent
les imprécisions.
--> Un harnais spécialement
conçu par Scott Eckert pour ces tortues permet d'attacher la
balise pendant la phase de ponte durant laquelle la tortue est
immobile sur le sable. Conçues pour réduire au maximum
la perturbation de l'animal, ne gênant pas la nage, légères,
ces balises ne présentent pas de danger particulier pour les
tortues. Pour des raisons de sécurité pour la tortue,
les harnais sont conçus pour rompre en cas de forte tension,
et tomber d'eux-mêmes au bout de quelques mois par l'oxydation
de la fixation du harnais.
  

Résultats
SAISON 2004
En Mai 2004, de nouvelles tortues luths ont été
équipées de balises Argos par le CEPE sur les plages de
Guyane. Affaire à suivre...
SAISON 2003
En Mai 2003, deux tortues luths ont été
équipées de balises Argos. Certains de leurs trajets inter-pontes
(d'une dizaine de jours chacun) sont disponibles. Cconsultez
leurs déplacements !
SAISON 2002
En Juin et Juillet 2002, 4 tortues luths ont été
équipées de balises Argos grâce à notre partenariat
CEPE-CNES-WWF. Leurs déplacements (qui ne sont plus localisables
depuis septembre 2002) sont disponibles sur une
page spéciale.
SAISON 2001
En Juin et Juillet 2001, trois tortues luths ont été
équipées de balises Argos en Guyane grâce à
un partenariat avec le CNES et le WWF. L'une d'elles était encore
suivie régulièrement en novembre 2002, c'est Maëlie.
Leurs trajets transatlantiques sont disponibles
ici.
SAISON
2000
Deux tortues ont été suivies en 2000, équipées
chacune d'une balise Argos après la période de ponte.
L'une d'entre elles est allé jusqu'aux Açores. Leurs
trajets cartographiés pour vous.

Analyse
des résultats 
L'analyse des trajets obtenus n'est
pour l'instant que partielle, car il faudrait
connaître beaucoup d'autres trajets pour pouvoir discuter correctement
du comportement des tortues luth.
--> Cependant, l'analyse
des trajets par rapport aux données de reprises de bagues
confirme l'ampleur des mouvements effectués dans l'océan
atlantique par les tortues guyanaises. Le mouvement circulaire pourrait
être lié à une attraction par des courants marins
qui créent des zones riches en développement planctonique
(upwelling), donc riches pour toute la chaîne alimentaire. Il
manque cependant une cartographie des zones fréquentées
préférentiellement par les méduses pour pouvoir
en avoir la certitude. Ces données ne sont malheureusement pas
disponibles, même auprès des spécialistes des cnidaires.
--> L'analyse
par superposition avec des cartes de bathymétrie ne semble
pas proposer une explication satisfaisante, bien que les tortues semblent
se déplacer souvent au dessus de zones à très grande
profondeur.
Le dernier élément est que les tortues traversent des
zones de pêche industrielle, au large des côtes d'Amérique
du sud ou des Etats-Unis notamment, et donc être soumises à
de nombreux risques d'accident.
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En l'état actuel des connaissances
scientifiques, aucune conclusion
ne peut donc être proposée concernant les longs
trajets des tortues luth. La future comparaison des zones de
"migrations" des tortues avec des cartes précises
des reliefs sous-marins, des courants marins, des zones de concentration
de méduses, des zones de pêche industrielle ou
des champs magnétiques permettra sans doute de mieux
comprendre comment et pourquoi elles font de si lointains voyages.
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Seule certitude : la mortalité
des tortues dans les filets de pêche. Actuellement,
les suivis par satellite se poursuivent afin de connaître
plus précisément les zones fréquentées
par les tortues luths en mer, et proposer à terme, le
long des côtes guyanaises dans un premier temps, puis
dans le reste des océans du globe, des aménagements
des pêches industrielles afin de limiter les risques encourus
par cette espèce déjà en danger.
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